Coups bas et camouflet royal : la gauche française en difficulté déplore une campagne “laide”

macron

La maire de Paris, Anne Hidalgo, candidate socialiste à la présidence française, a déploré une campagne “laide” pour le Palais de l’Elysée dominée par la médisance et la rhétorique revancharde et anti-immigrés de l’extrême droite. Elle aurait tout aussi bien pu faire référence aux tribulations de sa rivale de gauche tout aussi en difficulté, Christiane Taubira, dont l’équipe de campagne a accusé les socialistes d’avoir tenté de la pousser hors de la course.

Hidalgo, dont le Parti socialiste, autrefois puissant, se bat pour sa survie, languit à l’arrière d’un champ bondé de candidats en lice pour l’Elysée. Elle a subi un autre coup dur cette semaine lorsque l’ancienne candidate présidentielle de son parti, Ségolène Royal, a déclaré qu’elle soutiendrait un autre candidat, Jean-Luc Mélenchon, à l’élection présidentielle d’avril.

Mélenchon, le chef de La France insoumise (France insoumise, ou LFI), est le seul candidat de gauche à atteindre des chiffres à deux chiffres dans les sondages électoraux, lui donnant une chance extérieure de défier le président Emmanuel Macron et un trio d’espoirs présidentiels du droit. Hidalgo, d’autre part, a vu son soutien chuter à seulement 2%.

“Il est évident que le seul vote “utile” à gauche, c’est le vote Mélenchon”, a déclaré Royal à BFMTV mercredi, décrivant le brandon de gauche comme “le candidat le plus fort” et celui qui mène “la meilleure campagne”. Se référant à Hidalgo, elle a ajouté: “Si j’étais à sa place, j’abandonnerais.”

Élection présidentielle française
Élection présidentielle française © France 24
Loin d’être un vote « utile », le ticket Mélenchon n’est qu’un vote de protestation, a riposté Hidalgo le lendemain dans une interview à la même chaîne. Le programme de Mélenchon “n’est pas la plate-forme d’une gauche qui veut vraiment gouverner”, a-t-elle déclaré. « Sa mission est de faire disparaître le Parti socialiste. C’est une obsession.”

Dans une interview séparée, la maire de Paris a exprimé son “choc” d’avoir été abandonnée par Royal, dont la propre candidature à la présidence en 2007 a été notoirement entravée par des coups de poignard dans le camp socialiste. D’autres membres du parti se sont empressés de parler de l’ancienne candidate, soulignant ses volte-faces passées.

“Je ne suis pas sûr que Ségolène Royal soit la bonne boussole à suivre”, a déclaré Olivier Faure, le chef du Parti socialiste, à France 2. “Il y a quelques jours seulement, elle a dit qu’elle pouvait soutenir [la candidate conservatrice] Valérie Pécresse. Il y a cinq ans, elle avait soutenu Emmanuel Macron au premier tour. Et il y a trois ans, elle voulait faire campagne avec [le candidat vert] Yannick Jadot aux élections européennes.

Il a ajouté : « Bien sûr, nous pouvons nous associer à Mélenchon sur certains sujets. Mais je ne suis ni populiste ni souverainiste – et c’est pourquoi ma candidate est Anne Hidalgo.

Déjouer Taubira
Alors même qu’ils déplorent la déloyauté dans leurs propres rangs, Faure et Hidalgo font face à des accusations de jeu déloyal de la part d’une autre candidate en difficulté et ancienne alliée, Christiane Taubira, l’ancienne ministre de la Justice qui a jeté son chapeau sur le ring en janvier dans une tentative désespérée – et infructueuse – tenter d’unir la gauche française fracturée.

Taubira, qui a remporté une “primaire populaire” boudée par d’autres à gauche, dont Hidalgo, languit également dans les bas à un chiffre, selon les sondages, juste devant la maire de Paris. Mais en ce moment, elle fait face à un problème plus urgent : recueillir l’approbation, ou parrainage, de 500 fonctionnaires – maires, législateurs ou conseillers locaux – nécessaires pour se présenter à une élection présidentielle.

Tous les candidats à la présidence ont jusqu’au 4 mars pour recueillir les précieuses signatures et les faire valider par le Conseil constitutionnel français. Jeudi, lorsque le dernier décompte officiel a été publié, Taubira était bloqué à 86 ans et manquait rapidement de temps.

Explication : Pourquoi 500 signatures sont-elles nécessaires pour être candidat à la présidence de la France ?

La bataille pour les parrainages est une course où Hidalgo a bien performé, aidé par le dernier grand atout du Parti socialiste : son vaste réservoir de responsables locaux. Elle en a déjà 1 074, le troisième plus grand décompte, et ne prévoit pas d’en offrir un seul à Taubira.

Selon la campagne de Taubira, les socialistes ont fait pression sur les responsables pour qu’ils ne lui prêtent pas leur parrainage – une allégation que le parti de Faure a fait peu d’efforts pour nier.

La prétendue campagne de sabotage s’est concentrée sur le plus petit Parti radical de gauche (Parti radical de gauche, ou PRG), dont le chef a brusquement retiré son soutien à Taubira plus tôt cette semaine. Comme l’a noté mercredi l’hebdomadaire d’investigation et satirique, le Canard enchaîné, les responsables du PRG sont bien conscients qu’« ils doivent en grande partie leurs sièges aux accords électoraux avec les socialistes ».

“Taubira est effectivement exclu de la course aux parrainages – et l’équipe d’Hidalgo ne s’en cache même pas”, a déclaré jeudi au Monde Christian Paul, stratège de Taubira et ancien député socialiste. “Jamais auparavant je n’ai été témoin d’une campagne au cours de laquelle des candidats de gauche ont passé autant de temps à se poignarder au lieu de combattre la droite et l’extrême droite.”

“Un spectacle minable”
Dans l’espoir d’injecter un élan indispensable dans sa ca en déclin

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